SIFFREIN

Jean Siffrein, Cardinal Maury 1746-1817

Jean sifrein maury

 

"Je vaux très peu quand je me considère; beaucoup quand je me compare".

OU

"Beaucoup de mal quand je me considère, beaucoup de bien quand je me compare".

Cette citation est rarement attribuée à Maury, qui l'aurait jetée lors de son élection à l'Académie, fin 1806, à son confrère académicien Regnault de Saint Jean d'Angély, qui refusait de donner les titres de "Monseigneur" et "d'Éminence" au cardinal.

Il est plus fréquent qu'on l'attribue à tort à Talleyrand.

Il semble en réalité que l'idée ait été formulée par le docteur Barthez, médecin réputé, très critiqué par ses confrères,  vers 1770, dans une assemblée de prélats et de Seigneurs du Languedoc dans laquelle se trouvait notamment un jeune abbé devenu célèbre sous le nom de prince de Talleyrand. L'Archevêque de Narbonne voulut plaisanter Barthez sur sa réputation et celui-ci répondit : "Ceux qui parlent de mon orgueil, ne m’ont pas toujours vu. Quand je pense seul à la science en général, et surtout à celle que je cultive spécialement, je me sens confondu, humilié, et je me prosterne. Mais quand je suis à la Faculté ou dans d’autres lieux de réunion, je me compare… et alors je ne tarde guère à me consoler et à me redresser". Ainsi donc, Barthez serait bien le premier à avoir lancé cette antithèse autovalorisante, et Talleyrand n’y aurait aucune part, même comme déclencheur. Mais bien entendu, personne ne se souvient de ce médecin, ni de l'archevêque de Narbonne. En revanche, la célébrité de Talleyrand, témoin et non acteur de la scène suffira à lui attribuer cet aphorisme* pour devenir une citation célèbre.

Pour plus de détails, consultez cet article remarquable en utilisant le lien suivant:

http://dernieregerbe.hautetfort.com/archive/2014/01/29/quand-je-me-considere-je-me-desole-quand-je-me-compare-je-m-5284234.html

Enfin, il existe plusieurs versions qui tournent autour de la même idée, telles que: 

"Je m'estime peu quand je me considère, beaucoup quand je me compare" attribuée à Villiers de l'Isle-Adam comme épigraphe à « Sentimentalisme », le quatorzième de ses vingt-huit Contes cruels (Pléiade, tome I, p. 642), dont la parution pré-originale, en journal, est de janvier 1876.

*aphorisme : Phrase, sentence, qui résume en quelques mots une vérité fondamentale. (Larousse). L'aphorisme est un énoncé autosuffisant. Il peut être lu, compris, interprété sans faire appel à un autre texte. Un aphorisme est une pensée qui autorise et provoque d'autres pensées, qui fraye un sentier vers de nouvelles perceptions et conceptions. Même si sa formulation semble prendre une apparence définitive, il ne prétend pas tout dire ni dire le tout d'une chose.​ (Wikipédia)

 

Ajouter un commentaire