DELILLE

Jacques Delille, Abbé, poète et traducteur, 1738-1813

Delille jacques

 

NDLR : Cet homme hors du commun mérite bien qu'on s'intéresse à son histoire : il était un enfant naturel, reconnu par son père, avocat au parlement de Clermont-Ferrand, Antoine Montanier. Sa mère était descendante du chancelier Michel de l'Hospital. Il ne porta pas le nom de son père, ni même celui de sa mère, Marie-Hiéronyme Bérard, qui lui laissa en héritage un pré, dont il tira son nom de "Delille".

Le curé de Chanonat lui donna ses premières leçons, et cet élève très brillant fut envoyé à Paris, où il s'illustra au point de devenir professeur, doué d'un talent de versificateur. Par sa traduction en vers des Géorgiques de Virgile, publié en 1770, il atteignit la gloire.

Élu à l'Académie française en 1772,  sa nomination fut bloquée à cause de son jeune âge. Il réussira à nouveau en 1774, et sera cette fois reçu par ses pairs, puis nommé à la chaire de poésie latine au Collège de France.

Après la mort de Voltaire, son ascension s'accélère encore. Le Comte d'Artois, futur Charles X, le protège et lui fait attribuer l'abbaye de Saint-Séverin pour son bénéfice annuel de trente mille francs. La publication du poème "Des Jardins", son œuvre la plus célèbre, est un triomphe. Il s'éloigne cependant de Paris pour suivre le Comte de Choiseul-Gouffier dans son ambassade à Constantinople.  Il s'y mariera (grâce à une dispense) avec sa gouvernante, qui eut sur lui une très grande influence. Inquiété à la Révolution, il s'exile pendant le Directoire, en Suisse, en Allemagne et enfin en Angleterre, où il travaille toujours et traduit "le Paradis perdu" de John Milton. Il rentre en France en 1802 où il retrouvera sa chaire au Collège de France. Il finit sa vie aveugle, et meurt d'apoplexie en 1813. Idôlatré, son corps est exposé trois jours sur un lit de parade au Collège de France, le front ceint d'une couronne de laurier et reçoit des funérailles grandioses, considéré comme le plus grand poète français!  Il est enterré au Père Lachaise. (cf  : merci à Wikipédia pour son remarquable article largement repris ici)

Colle ge de france

 

 

"Le sort fait les parents, le choix fait les amis"

Malheur et Pitié

NDLR : Jacques Delille n'a pas oublié qu'il était un enfant naturel... L'Ancien Régime n'était pas aussi conservateur que la propagande républicaine l'a prétendu : il n'était pas rare que le talent soit reconnu dans sa plénitude, même pour un enfant naturel, et "l'ascenseur social" pouvait mener les individus méritants jusqu'à la gloire.

D'ailleurs, Destouches, qui vécut sous Louis XV (voir sa fiche) ne dit-il pas dans sa pièce "les Glorieux" : "Le mérite tient lieu des plus nobles aïeux"?

 

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