Origines et raison d'être de l'écrivain public

D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

L’écrivain public peut être perçu aujourd’hui comme une nouvelle profession. Il n’en est rien. Ce métier remonte aux temps les plus anciens, mais son activité a connu une éclipse de plusieurs dizaines d’années.

 

Dans l’Égypte des pharaons, les « scribes » avaient un rôle essentiel dans la haute Administration, jusqu’à former une véritable classe sociale de référence. Au départ secrétaires de la famille royale, dont ils étaient parfois issus, ils devinrent au fil du temps très polyvalents, transcrivant, recopiant, traduisant des ouvrages.

Scribe

À l’époque des Ptolémée, ils alimentèrent la grande bibliothèque d’Alexandrie qui compta jusqu’à sept cent mille volumes avant sa destruction par le feu.

 

Les moines-copistes du moyen âge ne peuvent pas réellement être considérés comme des écrivains publics, en dépit de leur patient travail de transcription illustré de remarquables enluminures, car leur fonction était fondamentalement liée à la mission d’évangélisation de l’Église et à son prestige.

 

L’invention de l’imprimerie les a condamnés en même temps qu’elle permit la diffusion de textes non religieux, propageant des savoirs nouveaux et des idées différentes. François 1er et plus tard Louis XIV œuvrèrent particulièrement à la promotion du français, en lieu et place du latin, comme langue commune de référence, dont les règles se fixent en même temps que s’établit la monarchie absolue.

 

En France l’écriture restait le monopole de quelques érudits, le plus souvent formés par l’Église et ses multiples Ordres, jusqu’à l’apparition de l’école de la République laïque et obligatoire après le Second Empire.

 

Jusque dans les années 1960, l’Éducation nationale fut très exigeante au regard des compétences à acquérir en matière d’orthographe et de français pour les élèves parvenus en fin de premier cycle scolaire, souhaitant éradiquer l’illettrisme, et le certificat d’études primaires sanctionnait déjà un haut niveau de savoir à une époque où bien peu de candidats obtenaient leur baccalauréat.

 

Ces générations d’enfants bien formés qui nous ont précédés n’ont pas eu besoin une fois adultes d’un écrivain public pour rédiger leur courrier, mais quelques-uns se sont fait aider dans l’écriture de leurs mémoires. En revanche, les étrangers immigrés en France, confrontés à la barrière de la langue, y ont eu recours et continuent à le faire aujourd’hui.

 

Mais l’enseignement a évolué vers une plus grande diversité de connaissances au détriment des matières jadis considérées comme fondamentales.

 

Si le français a perdu son statut de langue internationale et diplomatique en 1918, au profit de l’anglais, l’élite française ne s’en est pas détournée, jugeant sa maîtrise comme une marque d’appartenance à une certaine classe sociale. Elle en fait également un critère de sélection dont il ne faut pas négliger la force.

 

L’écrivain public d’aujourd’hui retrouve ainsi son rôle d’autrefois : aider ceux qui en auraient besoin à communiquer par écrit sans appréhension et sans prendre le risque d’être sous-évalué par la faute d’un français approximatif dans un monde où la compétition fait rage.

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